Histoire de l'Ancienne Abbaye de Soleilmont

Une tradition - non authentifiée - ferait remonter la fondation de Soleilmont à 1188. Henri, comte de Namur (+1196), aurait créé cette abbaye pour des dames de Namur et environs dont les maris auraient rejoint Godefroid de Bouillon dans sa croisade en Terre Sainte.

Plus officiellement, dans un document daté du 11 janvier 1237 : Baudouin, comte de Namur et du Hainaut, demande à l'Ordre de Cîteaux d'y incorporer l'abbaye de Soleilmont. Soleilmont est acceptée dans l'Ordre. Le monastère est désormais cistercien.

Une abbaye jamais riche

Mais à la fin du XIIIe siècle il reste modeste si on le compare aux abbayes voisines. Ce sera le cas durant toute son histoire : les dames de Soleilmont resteront petitement possessionnées. En 1640 les moniales sont exemptées des contributions à faire à l'Ordre. D'autres témoignages existent sur l'abbaye en grande nécessité. Les guerres du XVIIe siècle n'arrangent rien. Les monastères, surtout féminins, sont les premières cibles de la soldatesque. Un document de 1649 relate : la maison est continuellement travaillée à la porte par les soldats et souvent par les larcins tant par jour que par nuit.

Période révolutionnaire

Craignant l'arrivée des armées, l'abbesse Daivier décida en 1790 d'emmener sa communauté en exil au-delà du Rhin. Croyant avoir cédé à une fausse alerte elles reviennent à Soleilmont, … pour y être prises dans la grande tourmente de la bataille de Fleurus qui se passe quasiment sous leurs murs (26 juin 1794). En janvier 1797 elles sont expulsées du monastère. Dès 1802 les moniales peuvent rentrer - comme locataires - à Soleilmont.

Période contemporaine

Fort démunie et vieillissante la communauté passe des années très difficiles. Bientôt elles ne sont plus que quatre. Cependant, avec l'aide des cisterciennes de Marienlof (Looz, Limbourg), elles rachètent Soleilmont (en 1837). Pour se créer des ressources un pensionnat et externat pour jeunes filles est ouvert. Soleilmont reprend un nouveau souffle et les bâtiments sont restaurés ou reconstruits. Ce régime continue jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Le pensionnat est fermé en 1916.

Une catastrophe touche le monastère en pleine nuit de Noël 1963. Juste après l'office de nuit, un incendie se déclare et se propage à l'ensemble des bâtiments. Il n’en reste pratiquement plus rien.

En 1964, les sœurs réintègrent les bâtiments épargnés par l'incendie mais, rapidement, le projet de l'aménagement d'une nouvelle abbaye dans les bois de Soleilmont voit le jour.

En 1973, les sœurs quittent définitivement le site qui sera divisé en vendu à des personnes privées.